Preface
VII
son tour de modèle pour des copies, les-
quelles révèlent donc ce deuxième stade
d’élaboration. Bach procède ultérieure-
ment, probablement après 1736, à une
nouvelle révision, qui se répercute à son
tour dans de nouvelles copies correspon-
dant à ce troisième stade. Au cours des
années 40 enfin, il apporte encore des
corrections, les troisièmes et dernières,
l’autographe présentant alors la rédac-
tion finale de l’œuvre (stade 4). Les soi-
disant variantes s’avèrent ainsi n’être en
réalité que des notations finalement
écartées par le compositeur et rendues
caduques par sa dernière version auto-
graphe.
C’est donc cet autographe (Staats-
bibliothek zu Berlin – Preußischer Kul-
turbesitz, Musikabteilung mit Mendels-Musikabteilung mit Mendels-
sohn-Archiv, Mus.ms. Bach P 415, pu-
blié aussi en fac-similé) qui constitue
sans conteste la source principale de la
présente édition. Les copies ci-dessous
énumérées, dont les trois considérées
longtemps à tort comme des autogra-
phes, ont également été consultées en
complément: copie Christian Gottlob
Meißner. Haags Gemeente Museum,
La Haye, 69 D 14; copie Anonymus 5,
Mus.ms. Bach P 401; copie Anna Mag-
dalena Bach et Johann Gottfried Wal-
ther, Mus.ms. Bach P 1074; copie Jo-
hann Christoph Altnickol, Mus.ms.
Bach P 402 (les 4 dernières, exclusive-
ment: Staatsbibliothek zu Berlin – Preu-
ßischer Kulturbesitz). Les copies Meiß-
ner et Walther représentent le stade 1,
celle d’Anna Magdalena Bach le stade 2;
Altnickol correspond au stade 3 et Ano-
nymus 5 reprend une version du Clave-
cin bien tempéré antérieur au stade 1,
version qui avait été rendue conforme
au stade 1 par corrections rajoutées
après coup (Meißner, Anna Magdalena
et Anonymus 5 ont été évalués par er-
reur en tant qu’autographes).
Les nombreuses divergences présen-
tées par les copies – pour autant qu’elles
ne résultent pas de stades 1 à 4 du texte
– proviennent d’erreurs de copie ou sont
le résultat de modifications apportées
par les copistes de leur propre chef. Ces
copies constituent cependant une aide
non négligeable là où l’autographe est
ponctuellement illisible ou même s’avère
incomplet. C’est ainsi qu’il manque
dans l’autographe une page comportant
le texte de la fugue 13 ainsi que les pre-
mières mesures du prélude 14.
Les rajouts de l’éditeur sont placés
entre parenthèses lorsqu’il s’agit de si-
gnaler que les signes correspondants
(p. ex. liaisons, signes d’articulation, ac-
cidents dans un tout petit nombre de
cas) font défaut dans l’autographe. Il a
été également recouru à cette même spé-
cification quand des signes ou indica-
tions absents de l’autographe sont pré-
sents dans une copie. Une telle caracté-Une telle caracté-
risation apparaît justifiée dans la mesu-
re où les rajouts des copies sont sans
doute très souvent des rajouts non auto-
risés par Bach mais des améliorations on
modifications effectuées arbitrairement
par les copistes.
Un certain nombre d’ornements, im-
primés en petits caractères dans cette
édition, ont été repris çà et là du texte
des copies. Ce qui a été précédemment
dit concernant les précautions à prendre
quant à l’évaluation des sources secon-
daires est également valable ici. Les co-
pistes remplacent parfois les ornements
originaux du compositeur par d’autres
notations. Une telle pratique de même
que la variabilité de notation des agré-
ments entre les différentes copies font
apparaître la grande liberté qui régnait
à l’époque dans l’usage des signes d’or-
nementation. C’est pourquoi lesdits
agréments, aussi bien ceux de l’autogra-
phe (caractères normaux) que ceux pro-
venant des copies (petits caractères), ne
peuvent tenir lieu que de propositions
d’exécution laissées à la libre initiative
de l’interprète. Les signes tr, e et w sont
utilisés indifféremment par Bach pour le
trille (tremblement) normal. La table
d’agréments suivante (extrait), notée
par Bach lui-même dans le Klavierbüch-
lein écrit à l’intention de Wilhelm Frie-
demann Bach, fournit des indications
précieuses sur les principaux ornements
utilisés par le compositeur.
Les problèmes de texte importants
sont explicités dans les Remarques pu-
bliés à la fin du volume. Nous signalons
également toutes les variantes impor-
tantes supprimées ou écartées par cor-
rection par Bach dans l’autographe.
Nous adressons tous nos remerciements
aux bibliothèques ci-dessus citées pour
les sources aimablement mises à notre
disposition.
Munich, printemps 1997
Ernst-Günter Heinemann